15/03/2019 - 09:15

Des aliments énergétiques, faciles à digérer et riches en nutriments, les clés de l'alimentation des meilleurs skieurs du monde

Les produits de proximité sont la base de la proposition gastronomique des finales, car ils conservent mieux leurs propriétés.

Les " bowls " préparés avec des fruits antioxydants et du saumon grillé, de l'avocat et des pousses, sont des repas qui triomphent parmi les coureurs avant de préparer la course.

Pour l'occasion a été créé le “snow shake”, un plat favorisant la récupération à base de banane - riche en énergie et en potassium - comme ingrédient vedette.

 

Que mangent les meilleurs skieurs du monde pour préparer leur corps à une compétition explosive et physiquement exigeante en quelques minutes ?

Le régime alimentaire est l’une des clés pour atteindre l’objectif qu'ils travaillent pendant leur entraînement. Une notion que connaît très bien la diététicienne et nutritionniste Marta Pons, conseillère de l'équipe de restauration pour les finales de la Coupe du Monde à Grandvalira. Elle a été chargée d'ajuster l'offre nutritionnelle qui est proposée aux coureurs lors des journées de compétition. Le plan a été basé sur la recherche d’aliments qui fournissent la meilleure combinaison "énergie, digestion facile et haute concentration en nutriments".

Le buffet pour les sportifs est ouvert sans interruption de 7h à 14h et se trouve dans “l’espace d’accueil des équipes”, au sommet de chacune des deux pistes Avet et Àliga. Il est possible de choisir entre différents aliments, que ce soit pour la préparation à la compétition ou pour la fin des épreuves. L'espace a des zones très différenciées et clairement délimitées pour que les skieurs n'aient pas de doutes sur leurs choix : la partie vitamines, la partie aliments riches en graisses, et aussi celle énergie et protéines saines, plus axée sur l'aspect récupération.

Et quels aliments choisir pour chaque section ? Dans l’espace “vitamines”, les skieurs trouvent avant tout des fruits, avec des " bols " déjà préparés, riches en antioxydants et en vitamine C, et aussi des jus naturels comme un aux agrumes et au gingembre. Dans l’espace consacré aux graisses saines, il y a une variété d'huiles d'olive de qualité supérieure, des fruits secs, des graines et des avocats. Dans la partie énergétique, "celle qui prend le plus de place dans ce buffet", explique Marta Pons, il y a différents types de pains, des céréales de petit déjeuner, des légumineuses et des céréales cuites comme le riz brun, les pâtes complètes, le quinoa, etc. Enfin, la section protéines propose des aliments riches dans ce nutriment d'origine animale et végétale (en pensant aussi aux coureurs végétariens ou végétaliens) : saucisses, œufs, ou tortillas toutes prêtes, tofu et houmous.

Parallèlement, une zone “laiterie” complète le buffet, avec toutes sortes de boissons végétales (amandes, noix de coco ou avoine), une sélection de fromages et de yaourts locaux. Il y a aussi une sélection de cafés, d'infusions de qualité et de toutes sortes et des boissons isotoniques. Tous les sucres sont non raffinés, comme le sucre panela, le miel ou le cacao pur. 

Ce qui a été recherché avant tout avec cette offre a été "sa fonctionnalité", plutôt que d'améliorer les nutriments, en pensant à ceux qui vont donner plus de performance aux skieurs.  Àlex Orúe, directeur du restaurant Grandvalira-Ensisa, a assuré que le retour sur ce travail de la part des skieurs et de la Fédération Internationale de Ski (FIS) a été "spectaculaire", puisque Grandvalira a fait "un pas de plus" dans la proposition de restauration, proposant une offre complète pour que les sportifs n'aient pas de problèmes pour élaborer leur menu idéal.

 

LA RECETTE PARFAITE AVANT LA COURSE

L'idéal avant de partir en compétition, dit Marta Pons, est que les coureurs prennent "un bon petit déjeuner deux heures avant" d’environ 600 Kcal. Celui-ci devrait contenir des aliments énergétiques comme le pain ou les céréales, associés à des graisses saines comme l'huile d'olive ou l'avocat, ainsi que des protéines, que l'on trouve par exemple dans le saumon, le thon ou le jambon. Le fruit est indispensable, et en complément, un yaourt aux noix. Une proposition "très vitaminée, énergétique et qui facilite la digestion", idéale pour l’effort physique qu'ils devront faire deux heures plus tard. 

Aussi, et peu avant la course, si les skieurs veulent manger, l’idéal est qu’ils parient sur une absorption plus facile et plus rapide des glucides, par exemple avec de la pâte de fruits, une banane ou des noix. 

Il est important de préciser, souligne Marta Pons, que ce déjeuner complète les directives nutritionnelles que les skieurs auront suivies les jours précédant la course. Le ski est un "sport explosif, pour lequel les coureurs doivent disposer de réserves pleines en glycogène" pour leur masse musculaire. L’apport en glucides, que l'on retrouve surtout dans les céréales comme le riz, les pâtes, les légumineuses et les fruits, est donc fondamental les jours précédant la course.

Les athlètes effectuent un travail musculaire intense dans les quelques minutes que dure l’épreuve. Par conséquent, une fois qu'ils ont terminé, ils doivent récupérer avec une bonne hydratation, un apport correct en hydrates de carbone, en protéines et en légumes. Un bon allié est la légumineuse, car elle apporte une grande diversité de nutriments. En ce sens, le buffet installé dans “l’espace d’accueil des équipes” met en avant cet aliment dans ceux du midi avec des salades de lentilles ou du houmous. 

En ce qui concerne les différences alimentaires entre les sexes, les femmes devraient faire plus attention à manger des aliments riches en fer, car elles sont plus susceptibles de souffrir d'anémie. De plus, le fer "aide à transporter l'oxygène dans le sang", dit Marta Pons, un fait qui doit être pris en compte lors des compétitions professionnelles.

De plus, du fait de l’altitude, ce sont des sportifs qui doivent souvent faire face à des températures très basses. Par temps très froid, "il n'est pas nécessaire de changer de régime, mais il faut parier sur l'augmentation de la température" des plats. Par exemple, avec des pâtes et du riz chaud ou, surtout, avec des bouillons qui, en plus d’être chauds, sont riches en sels minéraux.

Ce qui ne devrait jamais faire partie de la proposition diététique des skieurs, ce sont ces aliments malsains qui sont également difficiles à digérer, tels que ceux trop gras ou trop sucrés, frits ou traités.

 

LA POTION MAGIQUE : LE “SNOW SHAKE”

Une boisson spéciale a été créée pour les finales de la Coupe du Monde en vue d'une récupération plus complète et aussi pour les jours suivants de compétition. Le “Snow shake” est "récupérateur et énergisant", dit Marta Pons, à base de banane, de boisson à la noix de coco et de noix de coco râpée. La banane est un aliment énergétique riche en potassium, que la noix de coco complète parfaitement. La noix de coco facilite également la récupération grâce à sa haute teneur en sels minéraux.

Le “Snow Shake” est devenu l'une des propositions vedettes des finales de 2019, qui vient compléter les plats préférés des sportifs, comme les “bowls” composés de fruits antioxydants, les yaourts aux noix, les toasts au saumon, les avocats et les graines, explique Marta Pons.

 

MAIS SURTOUT, DES PRODUITS LOCAUX

Les skieurs font très attention", ajoute Marta Pons, même avec les propositions sucrées, où le gâteau aux bananes et aux noix fait maison et les crêpes au miel triomphent.

Beaucoup de recettes sont faites avec des produits locaux d'origine biologique, car "leur teneur en vitamines est plus élevée" et, étant moins transformées, elles sont aussi plus digestes. La sélection des produits pour les skieurs a été coordonnée entre Marta Pons et le chef opérationnel de Grandvalira-Soldeu El Tarter, Xavi Solé.

Il est à noter que l'équilibre nutritionnel de ces finales a également été pris en compte dans les menus préparés pour les bénévoles, les organismes spéciaux et les journalistes.

 

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